Folle de mode la rédactrice? Si peu… Vous trouverez ici mon blog mode, mes coups de gueule esthétiques et mes derniers papiers sur le sujet… Bonne lecture!
———————-
♥ La mode 100% biotiful, une green utopie ?
Les valeurs green et écolos envahissent notre quotidien depuis près d’une décennie maintenant. Mais s’il y a bien un domaine où l’on était encore frileux à mettre son grain de sel vert, c’était probablement celui de la mode… Nouvelle ère, nouvelles tendances, nouvelle donne, la mode aussi se fait green… Projo sur quelques heureuses initiatives fashion et écolos de surcroît et intervention de la styliste Motsé Akanati, l’une de celles par qui la mode ethnique a débarqué en France dans les années 80.
Pour trouver de l’éthique, du bio, du responsable dans la mode, il faut chercher dur… Et pourtant des initiatives existent. Trop souvent méconnues, il faut jouer du clic sur la toile pour les découvrir et être alors agréablement surpris(e). Plus besoin de faire souffrir la planète pour être belle ? Peut-on réellement parler de mode « éthique » ? La réponse est positive. La mode éthique serait donc celle qui relèverait le défi d’associer des créateurs responsables (entendez : cherchant réellement à réduire leur impact environnemental) à l’utilisation de matières au procédé de fabrication sain (tissus écologiques, recyclés ou biologiques) et de process peu gourmands en énergie, eau et transport. Bien-sûr, cela semble encore insuffisant car les acteurs de cette mode éthique devraient, de plus, s’assurer de respecter les principes issus du commerce équitable comme le salaire décent, le respect des droits des travailleurs, l’interdiction du travail des enfants etc. Hélas, il ne suffit pas de confectionner de jolies robes au look vaguement ethnique ni d’évoquer (et d’invoquer du même coup) l’esprit « roots » pour produire une mode purement éthique…
Des tissus écosociocertifiés
Sans faire le tour des nombreuses matières dites écologiques, quelques étoffes sont tout de même plus indiquées que les autres à celui qui veut se lancer dans la confection responsable. Ainsi la fibre de bambou est particulièrement conseillée car sa culture nécessite peu d’eau. Le chanvre l’est tout autant puisqu’il possède des propriétés techniques et botaniques bénéfiques. Ce tissu répond aux besoins des fibres textiles végétales d’aujourd’hui : résistante, propreté, possibilité de recyclage, biodégradabilité totale, thermo-régulation, anti-bactérien… Le coton, s’il est utilisé, doit être issu de l’agriculture biologique, c’est-à-dire cultivé sans engrais chimiques. Attention le coton classique a un impact énorme sur l’environnement, sa culture engendre des effets désastreux sur l’écosystème, par sa consommation en eau, mais surtout à cause de l’usage massif de pesticides lors de sa culture… De plus, les plantations non bio aggravent la déforestation, dégradent les sols et drainent fortement les zones humides vitales au bien-être de la nature et des populations environnantes. Le coton doit être exempt de tout plastique comme le PVC… méfiance car il n’est pas rare de trouver même dans des tissus recyclés des traces de polyéthylène (le plus important polymère de synthèse)… Alors comment s’assurer de l’intégrité d’un tissu ? En vérifiant qu’il s’agisse bien d’un tissu constitué de fibres d’origine végétale. La filière des fibres végétale étant dotée de nombreux produits écocertifiés et écosociocertifiés, ayant fait l’objet d’un écobilan (ou d’une ACV : analyse du cycle de vie). Une démarche complexe ? Et les créateurs, eux, qu’en pensent-ils ?
Motsé Akanati ou l’âme écolo…
A Issy-les-Moulineaux, nous retrouvons Motsé Akanati. Motsé est une styliste franco-congolaise qui a eu son heure de gloire dans les années 80 et qui vit maintenant, avec bonheur, retirée des feux de la rampe fashion… Modéliste, créatrice de bijoux, conseillère de mode, peintre sur soie et sur toile, elle s’est passionnément engagée dans une association caritative qu’elle a fondée il y a maintenant une dizaine d’années. Cette artiste pleine d’ambitions qui rêve toujours grandeur nature est tout simplement inspirante, sympathique et rayonne de créativité. C’est en rencontrant des enfants des rues, dans de nombreux pays défavorisés du monde entier qu’elle a souhaité, naturellement, passer aux tissus éthiques et ethniques. « Mon association engage des actions concrètes en réunissant chaque année les peuples des cinq continents lors de rendez-vous qui mettent à l’honneur des manifestations culturelles, gastronomiques, de mode, de solidarité, et de partage. Tous les ans j’encourage des femmes à créer de leurs propres mains, à devenir des stylistes d’un jour. Autant dire que je ne pouvais ignorer le côté éthique lié à la, mode et aux tissus » explique Motsé, cette « madame tout le monde » plutôt extraordinaire qui s’engage avec passion dans tout ce qu’elle entreprend. Celui qui parle le mieux de son travail, c’est tout de même Nicolas Bissek, écrivain, qui a écrit à son sujet et qu’il fait bon laisser parler: « Motsé arrive en France en 1971 en classe de sixième, avec ses parents. La mode est étrangère à ses préoccupations. Les seules émotions à la matière viennent de sa tante Augustine, couturière, qui est aussi sa meilleure amie. Même après le baccalauréat à Limeil-Brevannes en 1978, elle est encore indécise sur son orientation et s’essaie même à la coiffure pendant trois mois… Finalement elle opte pour la mode et s’inscrit en 1979 à l ‘ Ecole Jeoffrin Byrs à Paris qui dispense exclusivement des cours de modélisme. En 1980, elle passe à ESMOD où les cours de modélisme se doublent de stylisme et obtient en 1982 le diplôme de styliste – modélisme : une grande grande première dans le pays ! Elle à 24 ans. L’artiste bénéficie donc d’un savoir-faire entièrement académique (sans autre expérience sur le tas que les visites à sa tante). Ce qui influence toute son approche vestimentaire résolument moderne… Le premier défilé à lieu à l’ambassade du Congo, rue Paul Valéry en 1983. Il est suivi d’un deuxième chez Angelina, célèbre salon de thé de la rue de Rivoli. Les tissus africains sont déclinés en modèles européens et les tissus européens en modèles africains. Un croisement heureux salué par plusieurs parutions : Jeune Afrique, Amina, Elle, Bella, Autrement, Libération…Elle habille, entre autres, la chanteuse zaïroise Abeti. Après une année à s’exercer en free lance entre ses amis Paco Rabanne et Donald Cardwell, elle rentre au bercail, en 1985 et ouvre son premier atelier de couture, avec deux employés. Ils seront dix plus tard lorsque se développent ses activités » (Extrait de « Couleurs et Toiles » de Nicolas Bissek). Un parcours également ponctué de visites aux fabricants de tissus, directement en Afrique : « A l’époque, il n’y avait pas autant de règles et de labels que maintenant. C’était plus difficile de distinguer ce qui était vraiment éthique. J’ai pallié à cela en développant des amitiés avec de nombreux artisans. Je n’ai jamais acheté un tissu dont j’ignorais la provenance. Je connais trop les défauts des pays africains en matière de travail des enfants. Quand je suis en France, je me fie aux labels et étiquettes pour choisir mes tissus. L’origine du tissu est d’ailleurs inscrite dans la genèse de chacune de mes créations » explique-t-elle. La démarche nous montre que le travail de recherche de matériaux sains, en aval, constitue une part importante de la démarche créative. Choisir un tissu éthique n’est donc pas un frein à la créativité mais demande à être vu comme une source d’inspiration supplémentaire… Art quand tu nous tiens…
Tissus recyclés
Pour choisir plus facilement – et peut-être moins intuitivement que Motsé – ses tissus, il est bon de s’intéresser à Recyclaid, un label éthique qui agit pour la promotion du recyclage dans le domaine du textile. Ce label permet de reconnaître les acteurs qui accordent leurs pratiques à l’éthique du développement durable en ce domaine (acteurs privés et associatifs qui collectent, trient, recyclent ou commercialisent des vêtements usagés mais aussi créateurs qui mettent leur talent au service de l’environnement en réutilisant le textile usagé dans leur travail etc.). Le label laisse une grande place aux fabricants et distributeurs de textiles qui permettent de redonner une seconde vie à leurs produits, déjà utilisés et aux collectivités et acteurs privés (centres commerciaux, gestionnaires d’immeubles ou stations d’essence) qui permettent de collecter des vêtements usagés sur leurs sites grâce à un collecteur ou des actions ponctuelles de collecte. Bien-sûr, leurs engagements sont matérialisés par la signature et le respect d’une Charte éthique, basée sur des objectifs d’ordre social, environnemental et économique. Le label Recyclaid permet donc de reconnaître des produits qui sont fabriqués à partir de textiles usagés ou recyclés et ceux dont le fabricant est adhérent à la Charte Recyclaid et s’engage à participer à leur recyclage.
Défilés éthiques
« L’industrie de la mode, à l’échelle globale, c’est aussi et avant tout un énorme marché et une puissance économique générant emplois et richesses. Cette richesse peut devenir un formidable vecteur de développement durable et de justice sociale et c’est dans ce but qu’Ethical Fashion Show® oeuvre depuis 2004. Ethical Fashion Show® réunit pour la septième année consécutive des créateurs qui ont comme vocation de concevoir une mode tendance, créative, guidée par le respect de l’homme, de l’environnement et les précieux savoir-faire qui font la richesse de chaque culture »… Voici ce que l’on peut lire sur la page d’accueil du fameux Fashion Show éthique organisé chaque année par des créateurs soucieux de faire bouger la mode. Ethical Fashion Show® est le rendez-vous international de la mode éthique pour les acheteurs internationaux et professionnels du textile. Il propose des showrooms présentant une centaine de designers venus du monde entier, des tables rondes sur les thèmes de l’habillement, des savoir-faire et du textile, des défilés. Son but ? « Prouver que la mode éthique peut être à fois tendance, créative et porteuse de bénéfices sociaux et environnementaux et permettre la rencontre des créateurs de tous horizons qui s’inscrivent dans la mode éthique avec les acheteurs des filières textiles ». Notons au passage que les créateurs sélectionnés sur Ethical Fashion Show® s’engagent à respecter la Charte de Bonne Conduite. Elle met au premier plan la défense des hommes et de leurs conditions de travail, la sauvegarde de l’environnement, ainsi que des savoir-faire ancestraux, reflets des différences de chacun et de leur culture. Une initiative que l’on peut d’ors et déjà saluer et qui promet de devenir un rendez-vous de mode incontournable…
Céline Schmink
Encadré
Les français et la mode éthique
28% des français déclarent avoir déjà acheté un vêtement bio ou équitable soit 7% de plus qu’en 2007. Parmi les consommateurs qui connaissent la mode éthique mais n’en sont pas clients (37%), 17% sont tentés. Parmi les 35% de consommateurs qui ne connaissent pas du tout la mode éthique, 13% comptent acheter plus. (Source étude IFM 2009)
rédactrice concepteur, conceptrice, rédacteur, mode, éthique, conceptrice, communication, marketing
——————————————–
♥ La mode fait rêver? Oui mais quelle durabilité?
Couleurs à profusion, belles matières… Et la durabilité ? Les conditions économiques ont une influence sur le choix des couleurs et tissus notamment dans la mode. Défilés, tests, études de marché, cahiers, carnets, croquis et autres planches tendance déterminent de quoi sera faite la mode de demain… Et l’éthique alors ?
Saviez-vous que pendant la grande dépression des années trente, les tissus (de prêt-à-porter et muraux) étaient plutôt choisis en fonction de leur durabilité pour « assurer » l’investissement financier de leurs heureux (et rares) propriétaires ? Dixit toute une palette de teintes havane, gris et verts passés, moins salissants, plus « durables »…
Une prise de conscience
En temps de crise, l’histoire se répète-t-elle ? Une prise de conscience des enjeux écologiques et économiques a lieu. Certes la mode fait rêver, la mode fait vendre, mais à n’importe quel prix… L’industrie de la mode devrait devenir un vecteur de valeurs basées sur le respect de l’homme, de l’environnement et de la qualité. La mode éthique est une réponse aux préoccupations actuelles de changement : 65,6% des français déclarent avoir changé de comportement pour le développement durable au cours des douze derniers mois (étude Ethicity/Ademe, fév. 2008). 17,4% des français déclarent être prêts à payer plus cher pour des produits respectueux des droits des salariés et 19% pour des produits respectueux de l’environnement.
Une plateforme de mode éthique
Nous avons déniché pour vous un site particulièrement intéressant : www.ethicaltradeplace.com. Il explique qu’il s’agit désormais de consommer mieux « avec une conscience ». Le site implique créateurs et acheteurs, une première, non négligeable pour toutes les fanatiques du shopping qui veulent acheter intelligent. La mode éthique offre une véritable réponse aux envies de mode des femmes contemporaines. « Au-delà du simple vêtement écolo ou équitable, les créateurs de mode éthiques reconsidèrent le facteur temps et la durée de vie du vêtement, avec la volonté de transmettre une philosophie de vie, un état d’esprit, un style. Les créateurs veulent offrir une marque durable, éthique, équitable, en utilisant des matières biologiques, naturelles ou recyclées, en valorisant les savoir faire locaux ou des projets sociaux… De leur côté, les acheteurs souhaitent véhiculer des produits mode, tendance et chic qui soient à la fois éthiques et qui engendrent une consommation responsable » peut-on lire sur le site. Alors qu’est-ce qu’ Ethical Trade Place® ? C’est avant tout une plateforme de mises en relation et un site BtoB d’intermédiation. C’est un peu une « place de marché » dédiée aux professionnels (créateurs de mode et accessoires éthiques, boutiques, centrales d’achat etc.). Chaque créateur peut y valoriser ses produits et leurs spécificités éthiques sous forme de fiches détaillée (zoom, code couleur, taille, tarif, quantité minimum…). Au delà d’une simple mise en contact, Ethical Trade Place® veut faire émerger la création éthique et participer à l’essor des générations futures sur le plan sociétal, écologique et environnemental.
Céline Schmink
rédactrice concepteur, conceptrice, rédacteur, conceptrice, communication
——————————————————
♥ C’est de la poudre (vintage) aux yeux, baby !
On craque sur le style « hippie charleston » de la belle Vanessa Paradis, qui en un album au look rétro et à la pochette définitivement « Art Nouveau », a impulsé un véritable « revival » des 20’s et des 30’s…
Dans cette course à la résurrection des années folles, le it accessoire, c’est lui, l’ancien poudrier KUGI, quasi introuvable ailleurs qu’aux puces de Saint-Ouen ou dans les brocantes du dimanche où il se terre, traqué par les yeux d’expertes pas si folles justement…
Je fais partie des chanceuses à en avoir dégoté un, à prix sensationnel.
Comment le reconnaitre ? A son métal doré soigné, propre et léger et à ses petites fleurs qui en font, finalement, un objet très Art Déco. A son filtre à poudre blanc plastifié, un des premiers de la gamme KIGU…
Son prix : il s’arrache sur ebay et aux sites grottes d’alibaba entre 20 et 50 € selon le modèle et l’origine. Un accessoire fashion, visiblement « durable », qui pourrait se généraliser comme une trainée de poudre… vintage… A suivre.
Céline Schmink
rédactrice concepteur, conceptrice, rédacteur, conceptrice, communication, marketing
Vous recherchez une rédactrice ? Une journaliste pigiste ? Une conceptrice-rédactrice professionnelle ? Pour parfaire votre communication et votre marketing, choisissez le bon rédacteur-concepteur, celui qui vous proposera une rédaction adaptée à l’esprit de votre magazine d’entreprise. Visitez www.laredactrice.com !
———————————–
♥ So hippie chic !
Vous ne rêvez pas, nous l’avions déjà expérimenté en 1993 (le grand retour des gilets blanc au crochet, souvenez-vous…) et en 1999 (tendance lin). Depuis deux ans il était sur le retour. Cet été il revient, à son apogée… le look hippie chic ! Si certaines ont pris de l’avance et en ont fait leur griffe depuis toujours (Vanessa Paradis et ses robes bourgeoise-bohème), évitez tout de même d’en faire des tonnes. Une belle pièce colorée, vintage et flashy (motifs ethniques ou fleuris), un haut nude (la tendance de l’an dernier qui ne disparait pas) et un seul accessoire (pourquoi pas le sautoir années 30 pour un look Louise Brooks hippie ?), de fines tongs en cuir pas plus. Pour le pantalon ou la jupe longue favorisez le coton. Exit donc les tissus trop brillants ou satinés qui donneraient un esprit « cheap » au tout. Mieux que la jupe longue, optez pour le « salvari » ou le « sarouel », plus joli sur les hanches toniques et peu saillantes. Question de goût…
Céline Schmink





